Bienvenue dans mon village : CARASA
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Carasa est un petit village charmant de 450 habitants, situé dans la région de Cantabrie, et dépendant du comté de Voto. C'est mon village d'origine, et là-bas tout le monde m'appelle Goyito. Situé sur un bras de mer débouchant sur Laredo (à 10 km en voiture), c'est un endroit reposant, où la seule pollution possible est la bousse de vache, la production laitière (à petite échelle) étant la principale activité du village et de la région. Ah j'oubliais ! Ne manquez pas de repartir avec une boîte de Thon artisanal (il est fait sur place), et petite bouteille de "Chupito".
Jonathan sur sa monture...
Son église,
de la fin du XVIème siècle, est impressionnante pour la taille
du village et dispose d'un rétable splendide datant du début
du XVIIème siècle, dont la beauté rivalise difficilement avec
celle de Sonia, la plus belle fille du village. Le curé
de la paroisse : Don Salustiano, le reconnaît d'ailleurs lui-même. Les habitants du
village sont réputés dans la région pour avoir beaucoup d'esprit. Paco un de ses personnages les plus comiques. La
fête annuelle, qui se déroule les 15 et 16 aôut, donne lieu à
un évènement unique dans la région appelé "la Suelta de
la Gata Negra". C'est un "one man show"
humoristico-poétique de "l'idiot du village" qui
relate en vers, et en rimes, les faits marquants de l'année écoulée
(escarmouches entre voisins, etc.). La cérémonie est précédée
d'une procession carnavalesque, et ponctuée par le lâché symbolique d'une chatte noire qui se trouvait dans un sac, et qui
est censée avoir fourni toutes les informations au poète.
La
Cantabrie, aristocrate et sauvage...
Des
plages, des dunes, des marais et des estuaires prisés des oiseaux migrateurs
pour une escapade espagnole hors saison où le « bon chic » a un goût de sel,
et de sardines grillées Ça commence par une sensation troublante. Un goût
soudain de sel sur les lèvres, comme un discret baiser d'écume apporté par le
vent, premier salut de l'océan. Et si l'on s'enfonce plus avant, le long des méandres
compliqués de cette côte cantabrique semée d'immenses plages de sable fin, de
rochers acérés et de marais nonchalants, où, las de combattre, le ciel et la
mer ont fait la paix, se fondant dans la douceur d'un même horizon gris bleuté,
on comprend très vite à quel point on est privilégié. Découvrir presque
seul, hors saison, ce petit coin d'Espagne si prisé où, l'été, les touristes
se bousculent est un luxe qu'il faut savoir apprécier.
Santander,
la capitale, intellectuelle, racée, reliée par ferry à Plymouth et toujours
en symbiose avec ces lointaines « colonies d'Amérique » qui jadis
l'enrichirent, cultive son vernis cosmopolite, avec une « pointe » d'accent
anglais. Au début du siècle, elle était la perle brillante, nichée au creux
de sa baie comme une coquette au balcon de l'Atlantique : régates, yacht-club,
banquiers, mécènes, thé à la bergamote, frous-frous, smokings et têtes
couronnées venues y prendre des « bains de vagues » entre deux soirées au
casino. Rien ne manquait. On allait même jusqu'à s'encanailler dans les
tavernes du port pour un verre d'orujo (une puissante eau-de-vie de marc de
raisin) agrémenté d'inégalables sardines grillées.
En
1912, une souscription populaire réunira 700 000 pesetas de l'époque pour
construire, dans la presqu'île de la Madeleine, un palais d'inspiration
vaguement anglo-écossaise, dont la ville fit cadeau au roi Alphonse XIII et à
la reine Victoria-Eugenia, afin qu'ils y viennent en villégiature. Opération
couronnée de succès : dans le sillage du couple royal débarque une bonne
partie de l'aristocratie espagnole qui investit l'hôtel Real, construit peu de
temps après et qui s'enorgueillit de ses vues imprenables.
Santander
s'était elle-même offert ses lettres de noblesse. Ses lettres de créance littéraires,
ce sont les érudits amoureux de la ville, à l'image d'Ortega, de Maranon, de
Lorca et surtout de Menendez Pelayo, qui les lui octroieront. Et en dépit de
l'incendie du vapeur Machichaco qui, ancré dans le port, allait, en 1941, détruire
le coeur historique de la ville, les splendeurs d'une époque révolue survivent
ça et là dans le charme nostalgique de quelques lieux privilégiés : le paseo
Perez-Galdos et ses villas cossues, le paseo de Pereda avec son architecture à
balcons vitrés si particulière ou la palmeraie des jardins del Piquio.
Cafés
et cercles savants d'autrefois ont laissé la place à un festival de musique réputé
et à un concours international de piano. Dans la bibliothèque qui porte son
nom, flotte toujours l'esprit insatiable de Menendez Pelayo, qui rendit l'âme
en murmurant : « Quelle peine de devoir mourir quand il me reste tant à lire !
» Reste le plus symbolique de Santander : la crypte de la cathédrale, le
palais de la Madeleine (cadre d'une université d'été réputée), le casino
et... les feuilletés de la pâtisserie Gomez, vieille dame centenaire et
gourmande. Subsiste aussi l'art du « bon chic » et le goût des sardines grillées.
Et puis surtout, cet océan si bleu qui enivre la ville de grand large, de la
plage du Sardinero à celle de la Madeleine, avec pour seule compagnie les
mouettes et les goélands.
La
côte voisine ne manque pas non plus de séductions. Qu'il s'agisse d'un vol
d'aigrettes ou de grues cendrées sur les marais protégés de Santoña et Noja
rougis par le couchant, de la folle architecture des dunes de Liencres, des
curieux rochers noirs décorant les plages d'Isla et de Ris, des immensités
sauvages du parc naturel d'Oyambre où se perd San Vicente de la Barquera
blottie à l'ombre des vingt-huit arches de son pont pluriséculaire. Sans
oublier les rias, ces curieux estuaires, véritables sanctuaires pour les
colonies d'oiseaux migrateurs qui viennent y reprendre leur souffle, les
eucalyptus et les roseaux à plumetis qui s'égayent sur les collines et les
bois environnants où se cachent d'ancestrales maisons de pierre et de secrets
ermitages.
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FAÇADES
BLASONNÉES
Santoña,
l'ancienne ville baleinière, veillée par ses deux phares, est le port d'où
partit Juan de la Cosa, compagnon de Christophe Colomb, patron de la Santa-Maria.
Un havre qui témoigne de l'époque où ses marins affrontaient les aguas bravas
(les fortes houles) des mers trop lointaines. Sans doute avec l'aide des
ventolines, ces bienfaisants génies locaux, qui forçaient la brise dans les
voilures et dont plus d'un pêcheur vous garantira, gravement, la survivance.
A Comillas, on admire l'université pontificale et son « caprice », une bâtisse
moderniste vernis- sée de tournesols en céramique, oeuvre de l'architecte
catalan Antonio Gaudi (elle est aujourd'hui transformée en restaurant), édifiée
au XIXe siècle à l'intention d'Antonio Lopez y Lopez. Ce riche mécène, enfant
du pays, pauvre mais aventureux, qui s'en était allé faire fortune à Cuba,
finit par se voir accorder le titre de marquis de Comillas par un Alphonse XIII
amusé et reconnaissant.
C'est
à Santillana del Mar, aristocratique cité médiévale (à l'abri
de douces collines où se cachent les grottes préhistoriques d'Altamira), que
s'ordonnent, autour d'une collégiale romane qui fut si puissante, palais
altiers, façades blasonnées, tours de guet, musée de la torture ainsi qu'un
antique lavoir à l'usure émouvante. Aucune fausse note dans cette ville-musée.
Aucun bar à touristes que la brume bienfaisante et la solitude de l'hiver
n'aient fini par museler.
Dans
leur couvent du XVIIIe siècle, les dominicaines fabriquent des friandises,
rendant ainsi hommage à une insouciante locataire, installée jadis dans
l'antique tour des Borja Barreda et qui, selon la légende, cuisait ses biscuits
au beurre fin, en les enroulant dans les vieux papiers jaunis trouvés dans la
tour.
L'habile cuisinière détruisit ainsi des archives sans prix, mais elle fit la notoriété de la pâtisserie de Santillana. Sur ces rudes pavés où les plus grands noms d'Espagne ont défilé, et qui auraient pu servir de décor au Nom de la rose, le roman d'Umberto Ecco, la douceur de vivre s'est installée. Et les demeures fortifiées se sont alanguies en se transformant en autant d'hôtels de charme.
Enfin, on ne saurait parler de la Cantabrie sans évoquer son côté montagnard avec ses cimes enneigées qui culminent à près de 2500 mètres. C'est l'occasion d'aller admirer la fabuleuse vallée de Liebana avec ses paysages vertigineux et ses villages délicieusement rustiques comme Potes à la gastronomie généreuse, ses monastères franciscains comme celui de Santo Torribio de Liebana qui abrite une relique de la croix de Jésus (cette relique étant d'ailleurs plus grande que celle du Vatican!). Pour les moins-croyant amateurs de sports d'hiver, c'est aussi l'occasion aussi d'aller faire du ski à Alto Campoo ; qui l'eût cru dans cette région d'Espagne réputée pour ses belles plages de sable fin !